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Avis · Lumière pulsée

Lumière pulsée : que disent les dermatologues ?

Sur l’épilation à la lumière pulsée, l’avis des dermatologues existe noir sur blanc : fiches d’information, communiqués, rapport de l’Anses. Voici ce que ces textes disent réellement, citations à l’appui.

Par Caroline, esthéticienne Mis à jour le 7 min de lecture
Utilisation d’un épilateur à lumière pulsée sur la jambe
Dans cet article
  1. Quel est l’avis des dermatologues sur l’épilation à la lumière pulsée
  2. Que disent-ils de l’efficacité
  3. À quelles peaux et à quels poils la déconseillent-ils
  4. Quels risques mettent-ils en avant
  5. Que recommandent-ils de vérifier avant de commencer
  6. Les dermatologues sont-ils opposés à la lumière pulsée en institut
  7. Questions fréquentes
L’essentiel
  • Pour la Société française des lasers en dermatologie, l’épilation par laser et par lampe flash « a dorénavant fait ses preuves », mais elle « n’est pas totale ni définitive ».
  • La même société juge la lumière pulsée moins efficace que le laser et réservée aux peaux claires à poils foncés : c’est une position d’experts, sans étude citée à l’appui.
  • L’Anses décrit des effets indésirables fréquents mais légers, et des effets graves « moins probables ».
  • L’Anses recommande de faire examiner la peau par un dermatologue avant de commencer, surtout en présence de nombreux grains de beauté.
  • Aucun avis de médecin n’est cité ici sans sa source.

Quel est l’avis des dermatologues sur l’épilation à la lumière pulsée ?

En France, leur position publique passe par la Société française des lasers en dermatologie, groupe de la Société française de dermatologie. Elle tient en trois points : la technique a fait ses preuves, elle n’est ni totale ni définitive, et elle doit rester encadrée. Aucun avis de médecin n’est cité ici sans sa source.

Cette société savante réunit des médecins. Elle est aussi partie prenante du débat sur l’ouverture de l’épilation aux non-médecins : ses positions se lisent en le sachant. Nous les complétons par le rapport de l’Anses, l’agence sanitaire qui a évalué les risques en 2021, et par des publications médicales.

Ces textes parlent surtout de la pratique professionnelle. Pour les appareils domestiques, les fiches et les notices sont passées au crible dans notre page sur les meilleurs épilateurs à lumière pulsée.

Que disent-ils de l’efficacité ?

Qu’elle est réelle, mais limitée. La fiche d’information de la Société française des lasers en dermatologie écrit que l’épilation par laser et par lampes flash « a dorénavant fait ses preuves », puis précise : « La photo-épilation n’est pas totale ni définitive mais se définit comme une diminution suffisante des poils durant un cycle pilaire. »1

Sur la lumière pulsée en particulier, la même fiche est plus réservée : « les lampes pulsées disponibles chez les esthéticiennes, moins puissantes, nécessitent plus de séances et ne permettront qu’une épilation partielle ».1

Un article de la société, daté de février 2025, va dans le même sens : « La lumière pulsée utilise des ondes polychromatiques qui endommagent la racine du poil sans la détruire complètement, nécessitant ainsi plus de séances pour obtenir des résultats durables. » Il ajoute : « Contrairement au laser, l’épilation doit être entretenue régulièrement pour éviter la repousse. »2

Ces phrases sont des positions d’experts : les pages relevées ne citent aucune étude à l’appui. Une revue Cochrane de 2006 trouvait peu de preuves d’un effet de la lumière pulsée et aucune épilation à long terme documentée, quel que soit l’appareil ; ses données s’arrêtent en 2005.11 L’Anses, elle, évalue les risques et non le résultat.5 La comparaison complète figure dans notre page lumière pulsée ou laser.

À quelles peaux et à quels poils la déconseillent-ils ?

Aux peaux foncées et aux poils clairs. Selon la Société française des lasers en dermatologie, la lumière pulsée « est principalement adaptée aux peaux claires avec des poils foncés, car elle ne distingue pas efficacement la peau du poil, ce qui peut entraîner des brûlures ou des irritations sur les peaux plus foncées ».2

Le même article précise que « l’IPL est inefficace sur les poils clairs, blonds, roux, gris ou blancs et elle est déconseillée pour les peaux foncées (risque de brûlure) ».2 IPL est le sigle anglais de la lumière pulsée.

L’Anses classe de son côté parmi les contre-indications les phototypes V et VI, c’est-à-dire les peaux les plus foncées, les personnes albinos, les poils dépigmentés et le duvet.5 Pour les peaux foncées, la société savante renvoie vers des lasers médicaux spécifiques, et non vers la lumière pulsée.1

Le bronzage compte aussi. L’Anses demande d’attendre le retour de la peau à sa couleur habituelle avant toute séance.5 Aucune des sources consultées ne chiffre ce délai en semaines.

Quels risques mettent-ils en avant ?

Les brûlures, les troubles de la pigmentation, les lésions des yeux et le retard de diagnostic d’un cancer de la peau. Ce sont les risques cités par le communiqué commun de la Société française de dermatologie et de son groupe laser, daté du 15 septembre 2021, quelques jours après la publication du rapport de l’Anses.4

  • « Apparition de cloques, de croûtes, de brûlures cutanées, de troubles de la dépigmentation (dyschromie secondaire) pouvant laisser des cicatrices et des dépigmentations durables »
  • « Développement de lésions oculaires sévères, en particulier lors d’épilation des sourcils »
  • « Un retard de diagnostic des cancers de la peau en traitant “involontairement” des lésions cutanées non diagnostiquées telle un mélanome présent dans le champ d’épilation »

Le communiqué ajoute que « paradoxalement, les IPL, qui ont la réputation d’être moins efficaces que les “vrais” lasers, exposent, du fait de leur moindre sélectivité, à plus d’incidents, et sont plus difficiles à utiliser qu’un laser ».4 Ce texte n’a pas été retrouvé sur le site de la société : il est cité d’après sa reprise intégrale dans la presse santé.

Les chiffres disponibles nuancent ce dernier point. Pour la repousse paradoxale, une méta-analyse de 2021 portant sur 9 733 patients relève cet effet chez 3 % d’entre eux, sans différence selon le type d’appareil.9 Pour les autres effets, aucune comparaison directe entre laser et lumière pulsée ne figure dans les sources consultées.

L’Anses donne les ordres de grandeur. Douleur, rougeur et gonflement passagers sont très probables. Les effets les plus graves « semblent moins probables, voire suffisamment rares pour ne pas avoir été observés ». Huit études ont recherché des cicatrices sans en observer.5 Le détail se trouve dans notre page sur les risques réels.

Que recommandent-ils de vérifier avant de commencer ?

D’abord la peau elle-même. L’Anses recommande une consultation chez un dermatologue avant toute série de séances à domicile, pour vérifier l’absence de contre-indication. En institut, elle demande que le client soit adressé à un dermatologue dès que l’opérateur constate une anomalie de couleur, une tache ou de nombreux grains de beauté.5

  • Les grains de beauté. La lumière peut en modifier l’aspect et gêner leur surveillance. L’Anses range parmi les contre-indications les grains de beauté nombreux ou atypiques, ainsi que les antécédents de cancer cutané.5
  • Les médicaments. Les traitements photosensibilisants et les anticoagulants figurent dans la même liste.5 Aucune des sources consultées n’en donne le détail : posez la question à votre médecin.
  • Les hormones et le duvet. La société savante écrit, à propos du laser, qu’« il faut éliminer la présence d’hirsutisme (un bilan hormonal peut alors être demandé) » et qu’un duvet très fin peut conduire le médecin à déconseiller l’épilation, pour éviter une repousse paradoxale.3
  • Les maladies de peau. Psoriasis, vitiligo, herpès sur la zone et tendance aux cicatrices chéloïdes sont cités par l’Anses.5
  • Le soleil. Pas de séance sur une peau bronzée, ni d’exposition tant que la peau n’a pas récupéré.5

La liste complète, avec ses nuances, est reprise dans notre page sur les contre-indications.

Une contradiction apparente

La fiche de la société savante sur le laser écrit : « Il n’y a aucune contre-indication ». L’Anses en dresse une longue liste. Les deux textes ne décrivent pas la même situation : un médecin qui examine son patient d’un côté, un usage par des non-médecins ou des particuliers de l’autre.1, 5

Les dermatologues sont-ils opposés à la lumière pulsée en institut ?

Ils demandent un encadrement médical, sans l’avoir obtenu. Leur société savante « recommande que l’épilation laser soit pratiquée sous la supervision d’un médecin ». Le décret du 24 mai 2024 autorise pourtant les esthéticiennes et les infirmiers formés à pratiquer cette épilation, et le Conseil d’État a rejeté en mars 2026 le recours déposé contre ce texte.12, 7, 8

Dans leur communiqué de 2021, les dermatologues admettaient déjà que l’épilation à la lumière pulsée soit réalisée « sous la responsabilité de dermatologues, de médecins ou encore par des personnes compétentes », à condition qu’elles aient reçu une formation reconnue, permettant de repérer les situations où un diagnostic dermatologique préalable s’impose.4

La Haute Autorité de santé a rendu un avis différent en juillet 2023 : sous réserve de mesures de gestion des risques, « il n’y a pas d’argument scientifique justifiant la restriction de la réalisation des actes d’épilation par lumière pulsée intense ou laser à visée esthétique aux seuls médecins ».6

Ce que le décret impose désormais au professionnel est décrit dans le regard d’une esthéticienne.

Questions fréquentes

Les dermatologues parlent-ils d’épilation définitive ?

Non, dans leurs textes les plus récents. La Société française des lasers en dermatologie écrit en 2023 que l’épilation laser, « quel que soit l’appareil, n’est jamais totale et définitive », et préfère le mot « durable ».3

La lumière pulsée peut-elle provoquer un cancer de la peau ?

L’Anses n’a relevé aucune publication sur des cancers induits par la chaleur des flashs, mais écrit qu’« aucune conclusion n’a pu être établie » sur les effets à long terme, faute d’études.5 Une revue de 2017 ne trouve pas de preuve d’un risque crédible.10 Le risque documenté est de retarder le diagnostic d’un mélanome en flashant une lésion.

Qu’est-ce que la repousse paradoxale ?

C’est l’apparition de poils fins sur la zone traitée ou autour d’elle. La méta-analyse de 2021 la situe à 3 % des patients, presque toujours sur le visage ou le cou.9 Ce chiffre est une moyenne d’études très différentes entre elles.

La grossesse est-elle une contre-indication pour les dermatologues ?

Les textes ne disent pas tous la même chose. L’Anses la range parmi les contre-indications ; la fiche de la société savante écrit qu’elle « n’est pas le meilleur moment pour traiter sans être une contre-indication ».5, 1 Aucune étude ne porte sur la lumière pulsée elle-même : demandez l’avis de votre médecin.

Un dermatologue peut-il pratiquer lui-même l’épilation à la lumière pulsée ?

Oui. Les médecins figurent en tête des professionnels autorisés par le décret de 2024, et ils sont les seuls à ne pas devoir suivre la formation spécifique.7, 8

Sources

  1. Société française des lasers en dermatologie, fiche d’information « Traitement par laser épilatoire », mise à jour le 23 mai 2023.
  2. Société française des lasers en dermatologie, Épilation laser vs épilation électrique vs épilation à lumière pulsée : quelle méthode choisir ?, 19 février 2025.
  3. Société française des lasers en dermatologie, Dossier spécial sur l’épilation laser dite « définitive », 22 septembre 2023.
  4. Société française de dermatologie et Société française des lasers en dermatologie, communiqué du 15 septembre 2021, repris intégralement par Radio Info Santé le 20 septembre 2021 et recoupé par Le Quotidien du Médecin le 15 septembre 2021.
  5. Anses, Risques associés aux épilateurs à lumière intense pulsée, avis et rapport d’expertise collective, juin 2021.
  6. Haute Autorité de santé, avis n° 2023.0027/AC/SEAP du 27 juillet 2023 relatif au projet de décret encadrant la pratique des actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée esthétique.
  7. Légifrance, décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 relatif aux actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique, Journal officiel du 26 mai 2024.
  8. Conseil d’État, décision n° 496304 du 12 mars 2026.
  9. Snast I. et al., Paradoxical Hypertrichosis Associated with Laser and Light Therapy for Hair Removal: A Systematic Review and Meta-analysis, American Journal of Clinical Dermatology, 2021 (résumé).
  10. Ash C. et al., Lasers and intense pulsed light (IPL) association with cancerous lesions, Lasers in Medical Science, 2017 (résumé).
  11. Haedersdal M., Gøtzsche P. C., Laser and photoepilation for unwanted hair growth, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2006 (résumé).
  12. Société française des lasers en dermatologie, Encadrement de l’épilation laser : les recommandations de la SFLD face au décret de mai 2024 et à l’arrêté de février 2025, 21 juillet 2025.
Caroline, esthéticienne à l’institut Naya
L’auteure

Caroline

Esthéticienne à l’institut Naya, à Bordeaux, Caroline rédige les guides du journal.

Cet article est rédigé à titre d’information et ne remplace pas un avis médical. Naya Institut est partenaire de la marque Bodysiam et ne perçoit aucune commission sur les liens de cette page.

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