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Guide · Lumière pulsée

Repousse paradoxale : quand la lumière pulsée stimule le poil

Il arrive, rarement, que la pilosité augmente là où l’on cherchait à la réduire. La repousse paradoxale après la lumière pulsée est décrite par l’Anses et par plusieurs publications médicales, qui en connaissent mal la cause.

Par Caroline, esthéticienne Mis à jour le 6 min de lecture
Soin de la peau réalisé en institut
Dans cet article
  1. Qu’est-ce que la repousse paradoxale après la lumière pulsée
  2. La repousse paradoxale est-elle fréquente
  3. Quelles zones et quels profils sont concernés
  4. Pourquoi la lumière stimulerait-elle le poil
  5. Que faire si les poils repoussent plus nombreux
  6. Peut-on réduire le risque avant de commencer
  7. Questions fréquentes
L’essentiel
  • La repousse paradoxale est une augmentation des poils sur la zone traitée ou autour, après laser ou lumière pulsée.
  • Elle touche surtout le visage et le cou ; ailleurs, une méta-analyse de 2021 l’estime à 0,08 % des cas.
  • Terrain hormonal, peau mate à foncée et duvet sont les facteurs les plus cités.
  • Sa cause reste mal connue.
  • Si vous la constatez, demandez l’avis d’un dermatologue avant de poursuivre ou d’arrêter.

Qu’est-ce que la repousse paradoxale après la lumière pulsée ?

C’est une pilosité qui augmente au lieu de diminuer. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) la décrit comme « une stimulation du follicule pileux avec une aggravation de la pilosité préexistante ou une apparition de nouveaux poils sur la périphérie de la zone traitée »1. Les médecins parlent d’hypertrichose paradoxale.

La Société française des lasers en dermatologie en donne une définition voisine : « l’apparition de poils fins sur la zone traitée par laser épilatoire ou en périphérie de la zone traitée »2.

Le phénomène existe avec le laser comme avec la lumière pulsée. Une méta-analyse de 2021 n’a trouvé aucun effet du type d’appareil sur sa fréquence3. Rien ne permet donc d’écrire que la lumière pulsée en provoque plus que le laser.

Il ne faut pas le confondre avec la repousse normale, celle des poils que le flash n’a pas détruits. Ici, il y a plus de poils qu’avant.

La repousse paradoxale est-elle fréquente ?

Non, mais aucun chiffre unique ne fait foi. Selon les sources, elle concerne de 0,6 à 10 % des personnes traitées. La méta-analyse la plus récente, publiée en 2021 et portant sur 9 733 patients, retient 3 % en moyenne, et 0,08 % seulement hors du visage et du cou3.

SourceCe qu’elle réunitFréquence rapportée
Anses, avis de 20211Deux études cliniques sur la lumière pulsée5 à 10 % des sujets
Snast et coll., 20213Méta-analyse : 9 733 patients, laser et lumière pulsée3 % en moyenne ; 0,08 % hors visage et cou
Desai et coll., 20104Revue de la littérature sur le laser0,6 à 10 %
Société française des lasers en dermatologie, 20232Fiche d’information destinée aux patients« effet indésirable rare »

Ces écarts s’expliquent. La méta-analyse additionne des études très différentes les unes des autres, et l’Anses ne s’appuie que sur deux études. L’Agence note que cette repousse « a été peu étudiée dans le cadre de l’épilation par laser ou par lumière pulsée »1.

Pour les appareils utilisés à la maison, les données manquent. Une revue de 2016 n’a trouvé aucune étude publiée sur une repousse paradoxale après un usage domestique5. Une autre, en 2012, ne l’a vue rapportée dans aucune des sept études qu’elle réunissait6. Cela ne prouve pas qu’elle n’arrive jamais : seulement qu’elle n’a pas été rapportée.

Le visage étant la zone la plus exposée, vérifiez ce que chaque notice y autorise : notre comparatif des épilateurs à lumière pulsée l’indique modèle par modèle.

Quelles zones et quels profils sont concernés ?

Surtout le visage et le cou, et plutôt les personnes dont la pilosité dépend des hormones. L’Anses relève, parmi les facteurs cités par les auteurs des études, un terrain hormonal d’hyper-androgénie, un âge jeune, les peaux mates à foncées et la présence de duvet sur la zone1.

Dans le détail, l’avis de l’Anses énumère1 :

  • un terrain hormonal d’hyper-androgénie, c’est-à-dire un excès d’hormones androgènes ;
  • les femmes de moins de 25 ans et les hommes de moins de 45 ans ;
  • chez la femme, la mâchoire, le dessous du menton et les joues ;
  • chez l’homme, tout le dos, les pommettes et les membres supérieurs, surtout si la pilosité n’est pas encore stabilisée ;
  • les phototypes IV et V, mais aussi III, soit des peaux mates à foncées ;
  • la présence de duvet sur la zone épilée.

Les publications médicales vont dans le même sens, avec des réserves. Une revue de 2010 cite les peaux mates à foncées, les poils foncés et épais et les troubles hormonaux4. La méta-analyse de 2021 confirme le rôle du visage et du cou, mais juge les données insuffisantes pour conclure sur le sexe et le type de peau3.

Le menton, zone du visage que les dermatologues disent dépendante des hormones, fait l’objet d’une page à part. Le lien entre pilosité et hormones est traité dans celle sur le dérèglement hormonal.

Pourquoi la lumière stimulerait-elle le poil ?

On ne le sait pas avec certitude. L’Anses écrit que les mécanismes de cette repousse « sont mal connus et plusieurs hypothèses sont proposées »1. Une revue médicale de 2010 en avance deux : l’effet des substances libérées par l’inflammation, et une chaleur trop faible pour détruire le follicule, mais suffisante pour relancer son cycle4.

Ce sont des hypothèses. La même revue conclut que l’origine du phénomène reste largement inconnue et réclame des études à grande échelle4. La méta-analyse de 2021 ajoute que l’intervalle entre les séances n’a pas d’effet mesurable sur sa fréquence3.

Ce que valent ces chiffres

Nous citons l’avis de l’Anses et les résumés des publications médicales, pas leur texte intégral. Les études réunies sont surtout des études de cohorte, très différentes les unes des autres. Cet article ne remplace pas une consultation.

Que faire si les poils repoussent plus nombreux ?

Avant de continuer ou d’arrêter, demandez l’avis d’un dermatologue. Lui seul peut confirmer qu’il s’agit d’une repousse paradoxale et rechercher, si besoin, une cause hormonale. Les publications ne concluent pas à l’abandon systématique : dans trois études sur quatre, la situation s’est améliorée en poursuivant le traitement3.

Les auteurs de la méta-analyse en déduisent que poursuivre sur la zone concernée est peut-être la conduite la plus adaptée3. Ces études portent sur des traitements suivis par des médecins. La décision ne se prend pas sans avis médical, devant un appareil domestique.

La fiche des dermatologues spécialistes du laser prévient que la repousse paradoxale demande davantage de séances, « parfois 20 », à la charge du patient2. Si un hirsutisme est en cause, l’Assurance maladie indique que l’épilation électrique, au laser ou à la lampe pulsée peut être prise en charge sous conditions : renseignez-vous auprès de votre médecin7.

En institut, signalez-le à l’esthéticienne avant toute nouvelle séance. Le décret de 2024 lui impose de vérifier, avant chaque séance, l’absence de signe évocateur d’une contre-indication8.

Peut-on réduire le risque avant de commencer ?

En partie, en écartant les situations que les experts déconseillent. L’Anses range le duvet et les traitements hormonaux qui modifient la pilosité parmi les contre-indications de la lumière pulsée1. Les dermatologues recommandent aussi de rechercher un hirsutisme avant de traiter, précisément pour éviter une repousse paradoxale9.

Leur site destiné au public le dit ainsi : « si vos poils sont trop fins (duvet), votre médecin peut parfois vous déconseiller toute épilation laser qui pourrait dans certains cas l’aggraver »9. Le duvet du visage n’est donc pas une bonne indication.

La liste complète figure dans notre page sur les contre-indications. Avant une première série de séances à la maison, l’Anses recommande une consultation chez un dermatologue1. Pour le reste, le mode d’emploi complet rappelle les vérifications à faire avant de flasher.

Questions fréquentes

La repousse paradoxale est-elle irréversible ?

Les sources consultées ne le disent pas. La méta-analyse de 2021 rapporte une amélioration progressive dans trois études sur quatre lorsque le traitement était poursuivi. Seul un dermatologue peut dire ce qui convient à votre cas.

Le laser en provoque-t-il moins que la lumière pulsée ?

Rien ne le montre. La méta-analyse de 2021, qui réunit des traitements au laser et à la lumière pulsée, n’a trouvé aucun effet du type d’appareil sur la fréquence du phénomène.

Comment la distinguer d’une repousse ordinaire ?

Dans une repousse ordinaire, les poils reviennent moins nombreux qu’avant le traitement. Dans la repousse paradoxale, la pilosité s’aggrave sur la zone ou de nouveaux poils apparaissent autour. En cas de doute, montrez la zone à un dermatologue.

Faut-il un bilan hormonal avant d’épiler le visage ?

Pas systématiquement. Les dermatologues spécialistes du laser indiquent qu’un bilan hormonal peut être demandé lorsqu’un hirsutisme est suspecté. C’est à votre médecin d’en juger.

Sources

  1. Anses, Risques associés aux épilateurs à lumière intense pulsée. Avis et rapport d’expertise collective, juin 2021.
  2. Société française des lasers en dermatologie, fiche d’information Traitement par laser épilatoire, mise à jour le 23 mai 2023.
  3. Snast I. et coll., Paradoxical Hypertrichosis Associated with Laser and Light Therapy for Hair Removal: A Systematic Review and Meta-analysis, American Journal of Clinical Dermatology, 2021 (résumé, en anglais).
  4. Desai S. et coll., Paradoxical hypertrichosis after laser therapy: a review, Dermatologic Surgery, 2010 (résumé, en anglais).
  5. Town G., Bjerring P., Is paradoxical hair growth caused by low-level radiant exposure by home-use laser and intense pulsed light devices?, Journal of Cosmetic and Laser Therapy, 2016 (résumé, en anglais).
  6. Thaysen-Petersen D. et coll., A systematic review of light-based home-use devices for hair removal and considerations on human safety, Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2012 (résumé, en anglais).
  7. Assurance maladie, ameli.fr, Pilosité excessive, hirsutisme, virilisme : quel traitement ?, 2 juillet 2026.
  8. Légifrance, Décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 relatif aux actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique, Journal officiel du 26 mai 2024.
  9. Société française des lasers en dermatologie, laser-et-peau.com, Dossier spécial sur l’épilation laser dite « définitive », 22 septembre 2023.
Caroline, esthéticienne à l’institut Naya
L’auteure

Caroline

Esthéticienne à l’institut Naya, à Bordeaux, Caroline rédige les guides du journal.

Cet article est rédigé à titre d’information et ne remplace pas un avis médical. Naya Institut est partenaire de la marque Bodysiam et ne perçoit aucune commission sur les liens de cette page.

Le comparatif

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